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Des journalistes et points focaux communication d’ONG, participent au lancement provincial des 16 Jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et filles au Nord-Kivu. © UNFPA RDC

À l’occasion du lancement, le 25 novembre 2025, des 16 Jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, le Sous-cluster VBG, sous le leadership du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), a organisé à Goma une session de formation sur la communication sensible au genre face aux violences facilitées par la technologie, dites violences numériques.

Cette rencontre a réuni des journalistes et des points focaux communication d’ONG autour d’un enjeu central : comment parler des violences basées sur le genre, en particulier des violences numériques, sans exposer davantage les survivantes ni banaliser la violence ?

Informer sans nuire : un pouvoir décisif entre les mains des médias

Des journalistes, dont Désiré Muhiya de Ndenga News (à droite), participent à l’atelier sur la communication sensible au genre et les violences numériques, organisé à Goma par l’UNFPA lors des 16 Jours d’activisme contre les VBG. © UNFPA RDC

Dans un Nord-Kivu marqué par les conflits, le déplacement et la précarité, le téléphone est souvent le premier outil de lien social. Mais pour de nombreuses femmes et adolescentes, il devient aussi un vecteur de violences : harcèlement, sextorsion, diffusion non consentie d’images intimes, campagnes de dénigrement dans des groupes whatsapp…

« L’espace numérique n’est pas virtuel, il faut voir à quel point la violence numérique détruit aussi des vies », confie Jonas Bangena, spécialiste en communication de l’UNFPA à Goma. « Aujourd’hui, une photo partagée sans consentement peut suffire à briser une scolarité, un mariage, une réputation, un emploi. Et les médias doivent prendre conscience de leur rôle face à  cette réalité. »

La formation, animée par l’UNFPA avec ses partenaires dont le Programme Alimentaire Mondial (PAM), a mis l’accent sur le rôle central des rédactions : selon la manière dont elles traitent un cas, elles peuvent soit renforcer la honte et la stigmatisation, soit offrir un espace de protection et de reconnaissance. Les participantes et participants ont travaillé sur un exemple concret : titres sensationnalistes, détails inutiles sur la vie privée, reprise d’images circulant déjà sur WhatsApp, ou encore interviews où la responsabilité de l’auteur disparaît derrière le comportement de la victime.

« Nous avons parfois contribué à accuser les femmes au lieu de dénoncer clairement les auteurs. Cette formation m’a montré qu’un bon sujet sur les violences peut aussi être un acte de protection, surtout pour les filles qui subissent des attaques en ligne ». reconnaît Esther Mafara, journaliste à Impact TV RDC.

De l’information à la protection : l’UNFPA et les médias, alliés des femmes et des filles

Jonas Bangena, Spécialiste en communication de l’UNFPA à Goma et formateur de la session, interpelle les journalistes sur le pouvoir de leurs mots pour protéger les femmes et les filles des violences numériques. © UNFPA RDC

UNFPA, en tant que chef de file du domaine de responsabilité VBG, a rappelé quelques principes simples : nommer clairement l’auteur et l’acte, éviter le blâme de la survivante, protéger l’identité des femmes et des filles, bannir les images et captures d’écran qui prolongent la violence, et toujours orienter vers les services de prise en charge disponibles.

Pour les médias, cela signifie qu’ils ont non seulement un rôle éthique, mais aussi une responsabilité légale : la reproduction d’images intimes ou de contenus humiliants peut les rendre complices de violences numériques dirigées contre des femmes et des filles déjà fragilisées par le conflit.

À l’issue de la rencontre, plusieurs journalistes ont proposé d’élaborer, avec l’appui de l’UNFPA et des ONG, une mini-charte commune pour la couverture des violences basées sur le genre, intégrant explicitement les violences numériques. L’objectif : faire des radios, des sites d’information et des pages en ligne du Nord-Kivu des espaces où la parole des femmes et des filles est respectée, et non exploitée.

Rédacteur : Désiré Muhiya, depuis Goma

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