
Dans le but de rapprocher la justice des citoyens, la chambre foraine du Tribunal de Grande Instance de Kalemie a lancé, ce lundi 21 avril, une série d’audiences publiques délocalisées à la place Maendelo.
Pendant cinq jours, cet espace public de la ville va se transformer en salle d’audience pour permettre aux habitants de Kalemie d’accéder plus facilement à la justice. Cette série d’audiences délocalisées est organisée avec l’appui de l’Organisation Internationale Actions et Interventions pour le Développement et l’Encadrement Social _AIDES, en vue de promouvoir la protection des droits humains, la lutte contre les violences basées sur le genre, et soutenir le rapatriement et la réintégration des personnes déplacées dans l’espace Grand Katanga. Ce projet est financé par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés _HCR, à travers le Fonds pour la Consolidation de la Paix (PBF) afin de rendre la justice plus accessible, particulièrement dans les zones reculées comme le territoire de Kalemie.

La première audience a été marquée par une affaire choquante, celle de Mayimba Mbuyu Joseph, poursuivi pour homicide volontaire. Selon l’acte d’accusation, les faits remontent au 29 juin 2024 dans la cité de Manono. Aucours d’une nuit, le prévenu aurait violemment agressé une personne non identifiée avec des coups de bâtons, causant des fractures aux côtes et à la jambe gauche. La victime, décédée le jour même, s’est révélée être sa propre mère. À la barre, le prévenu Mayimba a déclaré ne pas avoir reconnu la victime la nuit de l’incident, une ligne de défense que ses avocats ont utilisée pour demander son acquittement, arguant d’une absence d’intention de tuer.
Cependant le ministère public, pour sa part, a estimé que les faits étaient clairement établis. Dans un réquisitoire ferme, le procureur a requis la requalification des faits, passant de l’homicide volontaire au meurtre, et a demandé que la responsabilité pénale du prévenu soit pleinement engagée. À cet effet, il a sollicité la condamnation de Mayimba à 20 ans de prison ferme, assortie d’une amende de cent millions de francs congolais, faute de quoi le prévenu serait contraint à 30 jours de servitude pénale subsidiaire. Le tribunal, après avoir entendu les parties, a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu dans les jours à venir.

Il faut signaler qu’au-delà de ce procès, la chambre foraine prévoit d’examiner plusieurs autres dossiers sensibles durant la semaine. Les affaires inscrites au rôle concernent notamment les violences domestiques, les abus sexuels et les conflits fonciers, des problématiques qui touchent profondément la population locale.
Par Juvénal Mudimbi/ Radio Ndenga News

