Nathalie Kambala Luse, directrice générale de l’Ong Femme main dans la main pour le développement intégral (FMMDI) a, à travers une déclaration publique, lancé une alerte face à l’escalade de la violence dont sont victimes les femmes dans l’espace Grand-Kasaï en cette fin d’année 2024. Selon Nathalie Kambala Luse, la situation des femmes dans la région du Kasaï atteint des niveaux alarmants et nécessité une grande implication des autorités habiletés. « Dans un incident à Kamako, une femme nommée Muambuyi Kalakisa a été victime de violences sexuelles d’une cruauté effroyable. Des témoins ont rapporté que des agresseurs ont introduit des objets dans sa partie intime, entraînant des blessures mortelles. Le corps sans vie de la victime a été transporté dans son village d’origine dans l’attente des conclusions de l’enquête, laissant la communauté sous le choc et dans l’incertitude. De plus, la situation a engendré des tensions et des représailles, rendant impossible l’établissement d’un bilan fiable à ce stade. » a-t-elle alerté.
L’Ong FMMDI souligne qu’au cours de la dernière semaine, trois femmes ont tragiquement perdu la vie dans des circonstances dramatiques. Dans le territoire de Dibaya, un incident particulièrement tragique a eu lieu lorsqu’une femme enceinte, non identifiée à ce jour, a été tuée par une balle perdue tirée lors d’affrontements entre les forces de police nationale congolaise et des membres de la population.
Les violences ne se limitent pas à ces deux événements tragiques. Dans la province de Lomami, une enseignante d’une trentaine d’années a été violée et a été contrainte de passer la nuit à côté d’un cadavre. De plus, ses biens personnels ont été détruits, accentuant l’angoisse et l’insécurité généralisées parmi les habitants.
Lors de la récente déclaration publique, Nathalie Kambala Luse, a dénoncé ces actes d’une barbarie inqualifiable et a appelé avec la plus grande fermeté la justice à faire son travail. « Tous les auteurs présumés de ces crimes atroces doivent répondre de leurs actes », a-t-elle déclaré et a ajouté que l’État congolais a un devoir moral d’indemniser les familles des victimes.
Elle rappelle également que ces tragédies surviennent dans un contexte où la population vient à peine de vivre la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes, soulignant une incohérence tragique entre les discours sur les droits des femmes et la réalité qui en témoigne.
« Nous ne pouvons pas rester les bras croisés », a-t-elle déclaré, en appelant les autorités à renforcer la sécurité et à prendre des mesures concrètes pour protéger la population, en particulier les femmes, qui sont les premières victimes de cette spirale de violence. La communauté internationale et les organisations des droits humains sont également sollicitées pour apporter un soutien nécessaire afin d’assurer une justice et une protection efficaces pour les victimes de violences.
Alors que l’année touche à sa fin, il est impératif que des actions immédiates et significatives soient mises en œuvre pour mettre un terme à cette spirale de violence. Les femmes du Kasaï méritent non seulement d’être protégées, mais aussi de voir leurs droits protégés et leur dignité respectée. Le cri d’alarme porté par Nathalie Kambala Luse doit donc résonner comme un appel à l’action, à la solidarité et à la justice.
Par Félix Mulumba Kalemba – Radio Ndenga News Kananga

