La colère gronde au sein des administrateurs des territoires de la République Démocratique du Congo. Nommés depuis plusieurs mois, ces responsables locaux affirment n’avoir jamais perçu le moindre salaire. Une situation qualifiée d’« inhumaine » qui met en lumière l’abandon criant d’un maillon pourtant essentiel de l’administration publique.
Dans une correspondance adressée au Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, certains administrateurs annoncent une grève illimitée sur toute l’étendue du territoire national. Pour eux, l’État congolais ne peut exiger loyauté et efficacité alors qu’il refuse d’honorer ses obligations élémentaires.
Cependant, la contestation est loin de faire l’unanimité. Une autre frange d’administrateurs estime que le recours à la grève risquerait de paralyser l’administration locale déjà fragile. Ces derniers préfèrent interpeller directement le chef de l’État, espérant une solution rapide à leur calvaire.
Cette crise soulève une question plus profonde : comment le gouvernement peut-il prôner la bonne gouvernance et la proximité avec les populations, quand ses propres représentants sur le terrain travaillent sans salaire ?
Dans plusieurs territoires, souvent isolés et marqués par l’insécurité, ces administrateurs continuent malgré tout de remplir leurs missions. Mais jusqu’à quand tiendront-ils sans reconnaissance ni moyens ?
L’affaire révèle une fois de plus les contradictions de l’État congolais, prompt à multiplier les nominations mais incapable d’assurer le minimum vital à ses agents. Pendant ce temps, c’est l’administration de proximité — le premier contact entre citoyens et institutions — qui se retrouve sacrifiée.
Par EMMANUEL KALONJI à MbujiMayi

